Être une chose

Exposition à la librairie des Volcans, Clermont-Ferrand. Du 1er octobre 2026 au 3 novembre 2026

On croit qu’on est en dehors d’une chose qu’on appelle corps. Pendant longtemps on ne pense pas à ça. C’est comme du plastique, ça vibre et ça frétille, ça dégouline aussi, mais on ne pense pas à ça. C’est comme si on chevauchait un rêve, autant dire rien. On imagine bien que ça fonctionne : une image floue, une géographie du vide, une terre inconnue. On imagine. Mais ce qui est intérieur est à jamais intérieur, dedans. Alors, longtemps, comme une chose vide, on flotte autour des organes, si proches qu’on ne peut les voir. Ils sont comme ces esclaves abandonnés sous les sables du Sahara. Et puis, un jour, on marche, on marche contre le vent. Et le vent chasse le sable et les organes se manifestent. Alors on comprend.

To Be a Thing

Exhibition at Librairie des Volcans, Clermont-Ferrand. October 1 – November 3, 2026.

We believe we're outside something we call the body. For a long time, we don't think about that. It's like plastic, it vibrates and wriggles, it drips too, but we don't think about that. It's as if we were riding a dream, which is to say, nothing. We can well imagine that it works: a blurred image, a geography of emptiness, an unknown land. We imagine. But what is inside is forever inside, in there. And so, for a long time, like an empty thing, we float around our organs, so close that we cannot see them. They are like those slaves abandoned beneath the sands of the Sahara. And then, one day, we walk, we walk against the wind. And the wind blows away the sand and the organs make themselves known. Then we understand.

Ein Ding sein

Ausstellung in der Buchhandlung Librairie des Volcans, Clermont-Ferrand. Vom 1. Oktober bis zum 3. November 2026.

Wir glauben, wir seien außerhalb von etwas, das wir Körper nennen. Lange Zeit denken wir nicht daran. Es ist wie Plastik, es vibriert und zappelt, es trieft auch, aber wir denken nicht daran. Es ist, als würden wir auf einem Traum reiten, also eigentlich auf nichts. Wir können uns schon vorstellen, dass es funktioniert: ein verschwommenes Bild, eine Geografie der Leere, ein unbekanntes Land. Wir stellen es uns vor. Aber was innen ist, bleibt für immer innen, drinnen. Und so schweben wir lange Zeit wie ein leeres Ding um unsere Organe herum, ihnen so nah, dass wir sie nicht sehen können. Sie sind wie jene Sklaven, die unter dem Sand der Sahara zurückgelassen wurden. Und dann, eines Tages, gehen wir, gehen gegen den Wind. Und der Wind treibt den Sand fort, und die Organe machen sich bemerkbar. Dann begreifen wir.


12 toiles, 12 poèmes et deux recueils

ANTHROPOISEAU-1
"ANTHROPOISEAU-1" — acrylique sur toile, 100x80cm, 2021.

ANTHROPOISEAU-1

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2021.

Sans Filet

sans filet tel est le nom le nom de cet anthropoiseau qui vient de découvrir le squelette de l'inhumanité
Toile 2 - ANTHROPOISEAU-2r
"ANTHROPOISEAU-2" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025.

ANTHROPOISEAU-2

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025.

ANTHROPOISEAU 2

sono problematico voilà ce que dit cet anthropoiseau qui vient de découvrir le squelette de l’enfance
Toile 3 - titre à compléter
"CONTENTION DE LA SENSIBILITÉ" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

CONTENTION DE LA SENSIBILITÉ

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

Contention de la « sensibilité »

imposer toujours que le fin le léger l'aérien le délicat le diaphane c'est le sensible enfin je veux dire une certaine complexité de notre représentation celle du monde une vibration élaborée de nos sentiments tout ce genre de trucs le sensible la sensibilité les fonds délavés les tâches les coulures les dégradés couleurs compassées à fleur de peau blême au regard moite et à main molle il va falloir bétonner cette sensibilité là l'oppresser la contraindre lui faire rendre gorge blocs de béton bien gris tout autour que sa souffrance la transfigure et qu'elle vomisse à jamais ses soupirs hypocrites l'épais le gros le gras le clinquant le brillant le métallique le plastique le doré et ainsi de suite
Blessure
"BLESSURE" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

BLESSURE

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

Le « T » de cicatrice

l'initiale est muette sans corps mais celle-là du milieu le T de cicaTrice la traverse la fente le fût le sang le tau la croix dans la blessure déjà le T le T de cicatrice la blessure est la cicatrice la cicatrice est la blessure leur temps juste est différent la blessure est la mort la blessure est la vie la cicatrice est toujours la vie aussi
CRONOS
"CRONOS"

CRONOS

"CRONOS" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

Dévorons nos bébés

d'un qu'autrefois on appelait primitif j'ai vu la photo yeux de lune effarés les lèvres rouges les joues les mains rouges la poitrine partout du rouge sur sa poitrine il serrait ses mains et ses mains serraient un bébé en lambeau et le bébé était comme une pièce de viande il avait mangé la tête à moitié Saturne était là aussi le plomb coula doucement miel sans lumière tout au fond de ma mémoire
Toile 7 - titre à compléter
"LE DERNIER "E" DE PROBLÉMATIQUE" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

LE DERNIER "E" DE PROBLÉMATIQUE

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

Le dernier « E » de problématique

dans problématique sont les cinq voyelles dans l'ordre O (É) A I U E le premier "E" est un "É" tout le monde l'a remarquÉ le dernier "E" est normal si on peut dire c'est de celui-là qu'il sera question car après lui aucune solution rien un gamin une fois était comme ça je veux dire sans solution juste un problème mais il a eu l'idée de s'accrocher au bout du problème entre le problème et le vide entre les deux et les gens les gens ne pouvaient pas le saquer car il ne reflétait rien ni eux ni lui-même mais lui toujours accroché entre le problème et le vide se trouvait bien entre le E et le rien
Toile 8 - titre à compléter
"RIEN AU MILIEU" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

RIEN AU MILIEU

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

Un trou dans le soleil

personne ne le voit car il faudrait regarder le soleil et regarder le soleil c'est dur et même ça aveugle mais il y est en plein milieu en plein milieu du soleil comment je le sais je sais pas enfin si un fois le soleil s'est éteint une fraction de fraction de seconde et j'ai bien vu le trou un creux dans le soleil éteint le soleil doit être alternatif juste une affirmation on est tous alternatifs avec rien au milieu on est tous vides juste des vibrations
Toile 9 - titre à compléter
"LE CUL DU SOLEIL" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

LE CUL DU SOLEIL

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2025

Le cul du soleil

des scientifiques précisons le des scientifiques ont réussi à pôle sud du soleil le photographier jamais on ne l'a vu qui l'eût cru certaines douleurs s'apaisent de savoir qu'en nos jours troublés des gens soyons précis des scientifiques savent perdre ce genre de temps il existe encore des gens soyons précis des humains qui avec des bâtons s'envoient une grosse balle juste pour la voir d'en dessous grâce à eux je suis fier d'être moi aussi un humain ce jeu s'appelle soyons précis ce jeu s'appelle voir voir le cul du soleil
Toile 10 - titre à compléter
"CARPES ENNUI" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

CARPES ENNUI

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

Carpes ennui

là rebord de bassin nez collés elles sont là pour le désir du contemplatif miroir de l'ennui ne rien faire que d'être reflet brillant condamné à vie remuer sa queue et quelques bulles guetter les miettes sous la surface brillante s'agiter parfois et faire des vaguelettes comme la plupart tracer des quadrillages des petites portes infimes passages et croire et espérer spleen au carré
Toile 11 - titre à compléter
"FATAL SUBLIME" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

FATAL SUBLIME

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

Fatal Sublime

atome scopique micro maxi vue être vu regardant particules ménagères fondues bébés dégoulinants mannequins calcinés fatal sublime aveuglement lumineux chant de la sirène espoir en chaîne d'un futur radieux réaction infinie espoir confiance réaction confiance infinie lumière anéantissement fatal sublime si grand si beau cinémascope lumière couleur les yeux couverts radieuse radiations demain demain puissant et destructeur désir absolu puissance puissance fatal sublime
Désir
"DÉSIR" — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

DÉSIR

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

Le corps comme un œil

désir en boule sphère de cuisses et de bras ronds en boule sur soi absolue décontraction relâche désir sphérique sur soi en soi pour soi carré d'image désir sphérique fixation le corps comme un œil sur l'image l'image et le fond pénétrant et la peau s'échappant le corps comme un œil
Toile 6 - titre à compléter
"GAGARINE-A-CLERMONT — Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026 "

GAGARINE À CLERMONT

Acrylique sur toile, 100x80cm, 2026

GAGARINE À CLERMONT

Gagarine est venu à Clermont je n'y étais pas j'étais ailleurs ailleurs et petit Gagarine est venu à Clermont j'étais ailleurs je rêvais de le voir mais j'étais petit Gagarine est venu à Clermont je ne savais pas encore conduire ni les avions ni les fusées Gagarine est venu à Clermont lui aussi était petit il savait conduire les fusées il savait conduire les avions Gagarine est venu à Clermont il tenait mieux dans la capsule et il savait ne pas vomir Gagarine est venu à Clermont moi je vomissais je vomissais tout le temps dans la DS de mon père Gagarine est venu à Clermont son avion est tombé Youri est parti je me suis endormi

Le recueil Être une chose

Quelques doubles pages du recueil.

Double page du recueil Être une chose : Ta chose
Être une chose — TA CHOSE
Double page du recueil Être une chose : Machine pulsionnelle
Être une chose — MACHINE PULSIONNELLE
Double page du recueil Être une chose : Voir le noir
Être une chose — VOIR LE NOIR
Double page du recueil Être une chose : Ministère du rayon de soleil
Être une chose — MINISTÈRE DU RAYON DE SOLEIL

Autres poèmes

Sélection complémentaire de textes issus du recueil.

VAGUE NERVEUSE

des élastiques grenus mal tendus ou trop à presque casser avec du courant piquant des épines acides circulation anarchique douleurs fantômes des voiles blancs qui passent devant les yeux une onde sphérique qui remonte et bourgeonne à droite du cœur et puis comme une chute sur place dans le vide du présent et dans le vide la vague qui soulève t'emporte et t'abandonne humide de peur

CULTE DES IMAGES

les mur maculés lisses et humides taches rouges visages corps sanglants masques des autres mondes images les corps penchés le plâtre ingurgité fragments d'une sainte face les bouts d'espoir de paradis images saintes chairs déchirées saintes pantelantes et offertes bombardiers divins flammes et damnés images adorées

MÉLANCOLIE DE L'OCÉAN INCULTE

tu aimes l'océan moi il me pose des problèmes les longues plages elles dissimulent sous le sable des choses cadavres de plastique marées odeurs et le soir les ciels vaporeux la lumière cotonneuse comme autour d'une blessure une sorte de fin de douleur finale mais sans souvenir sans fantômes et soudain comme des maisons les vagues qui hurlent l'écume neigeuse la menace les nuages de plomb et le murmure des noyés il y a de la matière je le reconnais néanmoins je pense que je vais rester autour de Notre Mer certes pourrissante et remplie de cadavres aussi mais elle elle garde dans son sel les corps et les mystères de la chair consciente les nefs d'huile et de vin les lances lumineuses les peaux écrites la paix et la vengeance les murs peints le sang des bêtes sacrifiées les vagues fécondes Notre Mer Ma Mère

ON REGARDERA L'ORAGE ET ON SE RACONTERA

la météo l'a dit demain orages terrifiants sinistres et inhumains pour avoir moins peur on sera chacun chez soi on les regardera et après on se racontera savoir qu'on en fera une histoire c'est parier qu'on sera vivant